zero déchet family

22 août 2016

O mon pays

 

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O mon Quercy, ô Lot natal. Je reviens vers toi le cœur plein d'espoir, Ze Guide sous le bras et Bob le bocal dans le camping car. Que de produits locaux, de cabécou, de noix et de ratafia. Aucun doute, programme easy ZD en vue. A nous les marchés, à nous les producteurs ! Effectivement pas un jour sans un petit marché, une ferme, une halle. Les papilles sont en fusion, le foie en plein action, faut dire que le petit Cahors sur un cabécou miel c'est parfait. Et Bob il se marre. Hormis les petits errements des sorties, rien à se mettre sous le couvercle. L'opercule alu du vin, le bâton de sucette, la dosette de ketchup du snack. Des évitables. Mais on se fait parfois rattraper par les frites natures et les nains qui râlent. Mea culpa ketchupum fritum suum. J'ai fait ce qui fallait à Notre-Dame-de-Rocamadour, c'est bon.

D'ailleurs parlons-en. Bug dans le programme easy ZD. Rocamadour s'est fait mondialisée. Tous les chevaliers se retournent dans leur tombe en voyant leur château livré aux Ming... Aïe on est en rupture de cabécou. Le bon cabécou de mon enfance de quand je gardais les chèvres sur les Causses. On est à sec et l'humeur familiale va se dégrader rapidement... cabec addict. Il faut absolument en acheter pour midi. Une formalité, on est à Rocamadour, le nom de l'AOC, il doit y en avoir de partout. Premier magasin des pierres précieuses, 2eme magasin des souvenirs made in china, 3eme magasin des vêtements d'Inde, 4eme magasin chinoiseries pour enfants. Toujours pas de cabec. Mon cœur se tend, mon estomac aussi. 5ème magasin des churros, pas AOC ceux là. Bon question : où peut-on acheter des produits frais ? Un seul point de vente : une supérette Proxy. On est sur le deuxième site touristique français après le mont St Michel, ce qui doit faire près de deux millions de personnes chaque année et il y a un seul point de vente de fruits et légumes. Pas franchement aidés pour le ZD. Et pas grand chose de bio, les œufs sont des n°3 et surtout no cabec. Conclusion pourrie : on ne peut pas acheter de Rocamadour à Rocamadour. Oui ça fait deux fois Rocamadour. J'avais d'abord pensé à… bon bref. Faut sortir de la ville et trouver une ferme sur la route à qqes kms.

Bon la bonne news c'est qu'on a réussi à tenir ce pot de confiote de déchets. 250ml en deux mois. Le ZD en vacances c'est possible. Les frites à emporter en tuptup c'est jouable, les glaces en cornet aussi. On a même fini par avoir le flacon ketchup bio dans le sac... si si on est des oufs. Juste à côté des sacs à vrac, des mugs, pailles et gourdes inox. Le sac de vacances ZD quoi... 


Textes:
Jérémie PICHON - Illustration: Bénédicte MORET

 

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bob bocal

 

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31 juillet 2016

Summer time

Pot été 2016 ZD

Un mois qu'on se balade de conférences en repas de famille, de plages en terrasse de café. Le CampingCar tient le coup et le zéro déchet des travelers c'est possible. Toujours pas de chimie dans nos eaux usées, toujours pas de plastique dans notre poubelle, toujours autant de tuptups dans le mini frigo. Même en vacances on continue. Evidemment quelle idée. Même au fin fond de l'Espagne on traque le vrac et le frais. Zéro déchet en vacances c'est redevenir débutant : trouver les magasins, les marchés, les producteurs. Et on trouve, Claro que si ! Les centres villes sont pleins de petits commerces à l'ancienne avec la chistora syndicale, les fruits et légumes et le vrac de pois chiche, riz ou haricots. Saison ok, local pas sûr et bio tu oublies. Ambiance œufs n°3… Par contre ils kiffent tous nos sacs à vrac « para un mundo limpio ». Vu le nombre de déchets sur le bord des routes ou des rivières on s'était dit que c'était le cadet de leurs soucis. Ben non, ils percutent. Même la serveuse du petit festival qui veut me refiler son gobelet entre deux bières a compris que me importa la planète...

Bon, bien-sur presque... les nains continuent de nous refiler leurs bâtons de sucette, belle maman continue de leur acheter des chinoiseries en sortie et le petit minou a commencé l'été en se tailladant le dessous du pied. Normal on va pas la faire simple non plus. On s'est fixé un challenge pour le mois : un bocal de non recyclable. Après Martine, Bob le bocal. Et Bob a élu le pansement, déchet de l'été ! Les bien gros bien chers qui vont sous le pied, soit disant waterproof que le petit minou il te fait sauter en 4 minutes chrono. Bob il a aussi mangé du bâton de sucette, de l'emballage de beurre en dépannage parce que la baratte de beurre frais ça court pas les rues, du bracelet plastique pourri d'entrée de camping (on l'a pas vu arriver cuila qu'on l'avait déjà autour du poignet...), de la dosette de ketchup 5cl du resto dégeu, de la tablette de médocs de madame, et l'emballage de glace des nains.  

Et là vous me dites, il reste un cratère... Non, là vous me dites « et votre compost les amis ? ». C'est bien joli votre bocal mais vous avez un lombricomposteur dans votre camping car ? En plus de Bob vous avez emmené Brian, Mickaël et Sophie les lombrics? Et ben là on peut vous dire, que ce soit en France ou en Espagne, le compost ça va être le challenge du 21ème siècle... On a trouvé un seul composteur public sur notre trajet de l'été. Financé par le Feder européen. Rien au camping, ni dans les restos. Wallou, tchi, frif, la zone organique. Heureusement qu'on a bourré le mou de la famille depuis deux ans pour qu'ils en fassent un, sinon ça aurait été le fiasco total de l'été, le zéro absolu de notre périple. Et le clou de la tournée, on a du repasser par notre mobil home pour enlever le notre car une voisine a trouvé que pour l'hygiène et l'odeur ça le faisait pas. Mais quelle hygiène ? Quelle odeur ? On avait pris soin de mettre des copeaux de bois en partant, il était au top notre compost. Sec, propre, pas une mouche, pas une once d'odeur... va comprendre Charles. C'est comme les toilettes sèches et la menstru'cup, va falloir éduquer les foules. Bref, on a fait comment ? On a trouvé des petits coins de nature et, comme nos chats, on a consciencieusement enfoui ou déposé nos épluchures et gratté avec nos pattes arrières.

Vous êtes en partance ? En bons juillettistes, on file les conseils aux aoutiens du ZD.
Emmenez vos bases: bicarbonate, vinaigre, huile essentielle et produits cosmétiques maisons. Pour le râleur de service, ça ne prend pas plus de place que des flacons industriels... voir moins ! Be careful comme d'hab, en extérieur : paille, gobelet, touillette, sacs etc... le pastique vous attend partout. Alors refusez ! Et ayez toujours dans votre sac une petite base qui va bien : sacs tissu, éco cup et paille inox. Indispensable pour l'été : les gourdes inox. Une pour chacun histoire d'éviter les sempiternelles bouteilles plastique. Attention aussi aux chinoiseries cadeaux, emballages de glaces (vivent les cornets de glaces maison!) et autres bonbons (vive le vrac). Zappez évidemment les supermarchés des grandes villes et visez les petits commerces et les marchés avec vos tups et sacs en tissu. Ils sont si beaux l'été, les terrasses si agréables. Comme appli de l'été on vous conseille : Consovrac.com pour traquer le vrac, Park for night si vous êtes en itinérance, The place to bio ou La Fourchette histoire de ne pas vous retrouver avec du Colin congelé de chez Métro dans votre pseudo assiette de la mer... et oui, l'été rime trop souvent avec mauvaise qualité. Ou déchets. Comme toujours la bonne news avec le Zéro déchet c'est que vous allez trouver de la qualité et du bon. On n'est pas obligé d'être des vaches à lait. Alors ne vous laissez pas traire!

Textes: Jérémie PICHON  Illustrations: Bénédicte MORET

matiera organica

Marchépabron

Bacalao

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04 juillet 2016

Talkin'bout my généraïcheun

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Belle maman, on peut se tutoyer ? Tu dé-chires !! On s'était un peu frité au début du blog. Et je sais que tu n'as pas forcement bien pris le coup de la CB on fire. Si si... l'ambiance aux diners n'était nettement plus la même. J'étais passé du stade de gendre original à celui de gendre insolent. C'était palpable. Tout juste si je pouvais reprendre une deuxième fois de la blanquette de veau aux petits oignons sans avoir vos foudres du regard (je repasse au Vous, j'y arrive pas). Mais dont act. Tout est aujourd'hui si différent entre nous. D'ailleurs, m'est avis que notre dernier article dans le mag La vie a encore enfoncé un peu le clou.

Que de chemin parcouru depuis deux ans ! Vous compostez, vous nous envoyez du chocolat dans du tissu à Pâques et notre cadeau de noël n'était même pas emballé. Vous utilisez des sacs en tissu pour les courses en vrac. Bon c'est à Auchan, mais ça va changer, regardez donc sur abradacadavrac.com le vrac bio c'est autre chose. Et des tuptups ! Même si votre boucher n'a toujours pas compris... Non mais quelle classe à Dallas. Surtout, vous avez supprimé la zone de non droit des enfants dans la cuisine. Vous savez, cette étagère basse remplie de Quinder blairo, Glicémichoc et autres blocs de glucose sûr-emballés à dispo des enfants. Merci, c'était un poil à l'encontre de toutes nos idées. D'ailleurs ils vous aiment quand même toujours autant.

Et pis on s'est parlé. Tolkinbout votre généraïcheun : les babyboomer. Et je comprends. Je comprends qu'après guerre l'enfance était privation, manque et de beaucoup de trop de patates. Lundi des patates, mardi des patates... Je comprends que, le pétrole coulant ensuite à flots sur nos sociétés, vous ayez embarqué sur le bateau de la conso comme sur l'arche de Noé. En partance loin des topinambours, en exode rural loin de la ferme, direction le plastique et la modernité. Fini la guerre des boutons et le petit gibus. Bienvenus le frigo, le nucléaire et les bas nylon. Les couches jetables ont été synonymes de libération, Mais ce système fait de progrès technologique s'est emballé. Nettoyer sa cuisine avec une lingette imprégnée ou manger des lasagnes congelées au minerai de viande n'est pas un progrès, c'est une arnaque. On s'est fait avoir belle maman. Ce système n'est ni vivable, ni viable, ni durable. Notre planète est à l'agonie et nos sociétés aussi. Les océans dégueulent de plastique et les cancers emportent tout.

De l'excès d'après guerre à l'excès d'aujourd'hui, un autre modèle est donc possible. A base de compost, produits locaux et de modération. Ne serait-ce pas la magie du Zéro déchet qui opèrerait entre nous ? Un terrain de modération, d'entente ? Et si nous étions tous les deux les symboles de demain pour notre société française? Un pont entre nos deux générations ? Comme une réconciliation. Ne serions nous pas les Gainsbourg et Bardot 68 ? Cousteau et Falco naviguant sur un océan de déchets, bonnets rouge vissés sur la tête et regards vers le levant ? Oui, pardon ?  Ah, hum...  Je m'emballe ok.
Je pourrais quand même reprendre une deuxième fois de votre blanquette dimanche ?
Au fait elle est bio ?


Textes : Jérémie PICHON / 
Illustrations: Bénédicte MORET

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16 juin 2016

Se faire chier la vie cinq minutes pour se la rendre belle.


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 Roooo mais pourquoi on se ferait chier à couper le lard du boucher pour faire des lardons ? Pourquoi on se ferait chier à faire cuire les abricots pour de la confiture ? Ben moi j'aime bien tripoter la matière première... Et qu'est ce qu'elles sont bonnes ces pâtes carbo bio. Et quel kiff quand j'étale ma confiote sur ma crêpe du matin! C'est comme l'alpiniste qui se monte ses 3000 de dénivelés positifs, quelle plenitude la haut perché sur son rocher à contempler les cimes. J'ai toujours été convaincu que, pour se faire plaisir, il fallait se donner la peine cinq minutes. Il faut ben l'accrocher le hamac avant de faire la sieste!

On nous dit souvent lors de rencontres, que le zéro déchet c'est compliqué ou que ça prend du temps. C'est aussi la question type la plus partagée par nos amis journalistes. On devrait se pointer à l'interview en mode blind test avec des lardons congelés et de la confiote grosse maman. Comment expliquer l'odeur dans la cuisine quand les fraises deviennent de la confiture. On se retrouve comme les enfants qu'on était à lécher la cuillère de la grand mère une après midi d'été. Comment raconter le goût du sorbet mousseux juste brassé quand tu y plonges le doigt la seconde même où tu le sors. Et la tête du petit minou quand il lèche le plat de la pâte à gâteau. Tu veux lécher ? Ben voui, cte question pourrie ! Et oh ca va tu te détends...

Nous le zéro déchet on le vit comme la première gorgée de bière de Delerm. Le bonheur simple. La question du temps ne se pose plus. Ce temps là il est à nous, et on a choisi de le mettre là. Pas ailleurs. Des profiteurs, des jouisseurs, des gourmands, voilà ce qu'on doit être. Finalement bien loin de l'image de l'écolo de notre présentatrice du JT : « ça doit pas être rigolo d'avoir 15 graines au goûter pour les enfants ! ». J'aurais du lui ramener des cookies aux pépites de chocolat et beurre à la motte. C'est de ma faute aussi, entre le TGV et le métro j'ai pas eu le temps. 


Textes: Jérémie Pichon
Photo1: ellephotography.fr

confiote fraise

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10 juin 2016

Martine a vomi

 

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Martine a fait sa boule de poil. Raclage, toussotage, dégobillage en règle. Ben voui, on a déménagé. Et la pauvre elle a ramassé ! Tongs plastiques, mousse de protection des barres de toit, emballages plastique d'enfant, petits jeux plastique inutiles, rubans, ... mais d'où ça sort encore?! Martine commençait à être verte et bouffie. Ca sentait l'overdose. Alors, quand le vieux parasol pourri et les lunettes de piscine chinoises sont arrivés, elle a craqué. Bichette. On n'a pas vu arriver les fonds de placards des enfants et de la buanderie. Fatal. La good news c'est que Martine est méga fraiche maintenant. Dispo pour aller jusqu'en 2017 ? Au moins...

La deuxième good news c'est qu'une bonne quantité est partie sur le vide grenier. Fringues, vaisselle, pots, dvd, jouets, sacs... 1€ qui n'en veut ? Les deux pour 3€ madame, c'est cadeau. Allez allez ! La crêpière, 2 balles ou je remballe ! On s'est vidé d'environ 5m3 de stock. Les invendus vont aller sur le bon coin et Emmaus. Ayé on arrive au bout... « presque », Encore quelques m3 de cartons de fringues d'hiver, de snowboards, jouets et appareils ménagers. On se le disait que les 10% restant de poubelle à virer la deuxième année seraient les plus chauds. Ca se vérifie. T'as toujours un truc qui te claque entre les doigts c'est dingue. Il est où le numéro vert de l'économie circulaire ? Non parce que va trouver l'alternative aux lunettes de piscine... Mais si des lunettes en biscuit ! Comme ça tu les manges à la fin de ta session. Ah non elles ont fondu, désolé. Solution : ne pas les acheter, mais là on est à notre limite, parce que les deux ptits minous c'est leur kiff d'aller sous l'eau. Faudrait imaginer une location de lunettes super solides, réparables et recyclables à l'entrée de la piscine. Comme les photocopieurs. Ahhh l'économie de la fonctionnalité on en rêve ! Mais c'est un peu comme si on allait habiter sur Mars. On en est loin...

Notre long chemin vers l'épuration continue donc. Nous n'achetons plus ou très peu et d'occase. Nous vendons et jetons ce qui casse. A trois poubelles de 20-30L pour quatre cette année on s'approche gentiment de notre seuil. Nous progressons comme des chameaux dans le désert. Les 35M2 de notre mobil-home-way-of-life vont bien nous aider à garder le cap ! Avec les trois placards qui se courent après, on va pas stocker grand chose. On s'est calé sur notre pyramide de Maslow familiale. Les besoins primaires sont assurés en mode bio et on cherche l'épanouissement dans nos projets, les amis et l'apéro maison (encore ?!). 

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24 mai 2016

Minimal'hips

 

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C'est un article sur le minimalimse, pas sur le cyclimse. Quoi que, le vélo dans le genre minimaliste c'est plutôt nickel! Tes mollets contre du CO2, des watts de ton énergie contre ceux de la Fukucentrale, de la transpi maison, locale et bio comme liquide de refroidissement. Tu réduis les frais pour la planète pendant que ta lymphe circule et ton cœur se muscle. Et le vent dans tes cheveux, dans la jupe de madame. Le paysage qui passe doucement, ton nez qui se lève et le sourire qui grandit. Le vélo a de ça en commun avec le minimalisme : la liberté. 

« Presque » deux ans qu'on réduit. On dégaze, et pas seulement à cause de l'houmous maison. On vend on brade on solde sur les vides greniers. On chine, on récup, on échange. Des fringues, des vélos, des jeux, les garages et les placards dégueulent. L'occasion, c'est autant de déchets en moins et des déchets qu'on fait durer. Tous les quatre dans la montgolfière ZD, on lâche du lest et évidemment on prend de la hauteur. On s'allège, on respire, on se libère. Si Audiard faisait du Zéro déchet il dirait un truc du genre « moins t'as d'objets, moins t'as d'emmerdes ». Moins de pannes, moins de fin de vie, moins à réparer, moins à remplacer, moins à vendre, et à payer. Monsieur Hulot de Tati ou l'anti-modèle à suivre. Ton budget fait la montgolfière lui aussi. Du coup tu lèves le pied sur le boulot, car moins besoin de cash à jeter par les fenêtres. On troque l'argent contre le temps, la seule richesse qui nous motive.

Deux ans donc, qu'on réduit la conso. Et le logement aussi. On est passé de 140 m2 à 80 m2, et cette semaine c'est le grand saut. 35 M2.  Ben tiens pourquoi pas ?. On se jette, on tente, on verra bien. «Un mobil home comme Nicolas Cage dans Harizona Dream en mode cas soc dans le désert. Une cabane sous les pins au camping. On s'attaque à notre premier poste de dépense : le loyer, objectif zéro euro annuel. Et on allège un peu plus la montgolfière du quotidien : moins de chauffage, moins de ménage, moins de placards, moins de bibelots. Une tiny house pour une tiny life. Faudra qu'on se tourne vers l'extérieur encore un peu plus. Qu'on sorte, qu'on s'oxygène quand les 35 m2 seront trop étroits, que ça tourne au match de catch version manchette en sautant du canap. On continue de mutualiser aussi : laverie commune, piscine, jeux pour enfants. Eux ils ont gagné un jardin d'un ha et des potes toute l'année. En Afrique on dit qu'il faut un village pour élever un enfant. Bon nous, c'est pas sur qu'on s'allège en apéro par contre ! Minimal'hips ! Va vraiment falloir qu'on trouve une solution pour le vin en vrac...

 

Texte : Jérémie Pichon

Illustration : Bénédicte Moret

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11 mai 2016

La bio-blague

 

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Vla qu'on parcourt la France avec Ze Guide sous le coude. Le Mick Jagger du zéro déchet. Les pierres qui roulent en tournée internationale en train et en covoit'. Un jour à Rio, un autre à de Janeiro. Partout c'est un bonheur de vous voir tous si motivés à faire autrement, à choisir une autre voie que le Panama ou le Luxembourg. So nice. 

Et là, comme toujours quand on revient dans l'ancien monde, c'est le grand slalom pour éviter les déchets... Le plus incroyable c'est quand on est invité à parler du zéro déchet et qu'on vous propose gentiment une bouteille plastique d'Evian de 20 cl avec le gobelet plastique qui va bien. Hey les gars, on est venu pour vous parler de la vente de tong dans le grand nord canadien ? C'est une caméra caché c'est ça ? Haha, bien vu.
Ben non, c'est comme ça tous les jours. Esquive à droite, à gauche. Heureusement on se balade avec notre thermos et gourde inox. Sauf une fois, il était plein de café pour éviter les touillettes/gobelets des aires d'autoroute et on n'avait pas notre gourde. Hein ?! vous n'avez pas de verre en verre dans les locaux? Du coup on accepte la bouteille sous peine de mourir déshydratés. Et comment ça pas de tri dans la radio ? Ni le PET, ni le papier ? Je perds un œil sous le coup de l'émotion et on ramène la bouteille chez nous pour la recycler. Mais dans quel monde vit-on mon bon monsieur? Tu parles que l'économie circulaire va nous sauver demain si même les médias ne s'y collent pas.

Ca a l'air d'être la même chose dans les restos... Un midi que j'avais pas mon tuptup salade après une interview, je navigue entre les chaines de pizza indus, les macdo et les ronds points d'une ZAC hors sol, pour choisir un petit restau concept. « Fais ta salade toi même comme un grand en choisissant tes ingrédients ». Prometteur. Rapide tchek par la vitrine : les saladiers sont durables, les couverts en inox et les assiettes en bambou compostable. Les serviettes en papier, je prend pas. Et les verres plastiques, non plus. Banco je valide, objectif : je rentre je bouffe vini vidi vici. Sauf qu'à la fin il ne reste qu'une poubelle. Genre celle du mac do: tu-verses-tout-ton-plateau-par-le-volet-prévu-à-cet-effet-t'inquiètes-on-gère-pour-toi-oublies. Le bambou se mélange donc avec les verres en plastique, les serviettes en papier et les restes de bouffe. Pas de compost (hey mais c'est pas obligatoire dans les restos maintenant?). Pas de tri. Et du coup pas franchement vici.

Ahhh la fausse bonne solution de la vaisselle compostable devenue, comme dans la majorité des cas, juste jetable. Une assiette en pulpe de bambou qui m'a servi trois minutes douze pour manger ma tarte indus et qui finit incinérée. Heureusement que le paysan indonésien, à qui on a pris des hectares sur ses cultures vivrières, coupé sa forêt et surpollué son eau, ne le sait pas, sinon il nous l'a ferait bouffer l'assiette. Heureusement qu'il ne sait pas non plus qu'on utilise de l'énergie pour transformer des pommes de terre en sacs plastique pour protéger l'environnement. Ou que les biocarburants fait pour limiter les émissions de CO2 émettent plus de gaz à effet de serre que le diesel.* Je ne sais pas s'ils ont des Carambars en Indo, mais c'est le niveau de la blague des biotechnologies actuelles...
Il en faudra combien d'ha de champ pour remplacer les 500
milliards de sacs plastique distribués chaque année dans le monde ?  Et les 245.000.000.000 de Kg de plastique ?

 

Textes : Jérémie PICHON - Illustrations : Bénédicte MORET


*
En tenant compte de l’usage de fertilisants et de la mécanisation agricole, elle estime que les biocarburants émettent, dans leur ensemble, 81% plus de GES que les fossiles. A savoir +203% pour l’huile de palme, +113% pour le soja, +18% pour le colza et +4% pour le tournesol. http://www.journaldelenvironnement.net/article/biocarburants-plus-de-ges-que-les-energies-fossiles,68979

 



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02 mai 2016

Une peau de pêche bio même en hiver!

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Une recette pour créer sa crème hydratante de jour pour tout le corps.

Facile, rapide et efficace !

 

Source : créez vos cométiques BIO de Sylvie Hampikian chez terre vivante

 

 

 

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09 avril 2016

Vous avez dit zérosceptique?

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Depuis qu'on est devenu célèbres avec notre bouquin (et qu'on passe plus les portes avec la grosse tête qu'on a pris) on reçoit chaque jour des témoignages de personnes qui s'y mettent, changent, évoluent. Sur Facebook. Et pis en vrai, au café, dans la rue, chez les potes, au marché. C'est juste génial de voir comment chacun se met à l'action. « Hey t'as vu j'ai fait mon shampoing tout seul ! », « Et oh ! C'est quoi cette recette de merde ? », « Aujourd'hui mon fromager m'a dit que j'étais formidable avec mes boites!». Chaque retour est pour nous un vrai bonheur. Rien que pour voir autant de monde se bouger d'un coup depuis 15 ans qu'on raconte la même chose, on referait la même aventure. La révolution par la base est en cours!
Ouais enfin, « presque ». Il en reste encore quelques uns à bouger. Et pas les plus flex, les zérosceptiques. Vous devez commencer à en entendre autour de vous si vous êtes dans la démarche. 

Dans la série des grands classiques : « zéro déchet c'est impossible! ». Haaaaa mais je n'vous l'fait pas dire madame ! Zéro kilo on n'y sera pas, c'est sûr. Mais bon y'a 30, 20 ou 10 kgs avant le zéro, ce qui correspond à une empreinte (presque) durable et fait une grande différence pour les copains du sud de la planète. Le mot impossible il est super pratique pour virer la question en deux secondes : c'est pas possible donc c'est pas la peine que je m'y mette ! CQFD rangez vos cahiers. Nous, on a du faire comme disait Marc Twain : « On savait pas que c'était impossible, c'est pour ça qu'on la fait. »

Autre grand classique du grand sceptique devant l'éternel: « C'est compliqué ton zéro déchet». On appelle ça l'argument « château de carte ». Il s'écroule dès que tu poses une question. « Qu'est ce qui est compliqué ? ». « Ben les courses tout ça... ». C'est pas compliqué de prendre des sacs en tissu plutôt que des sacs en plastique. C'est pas compliqué d'éplucher des carottes plutot que d'acheter une barquette plastique de carottes rapées. C'est pas compliqué de jeter un seau de biodéchets dans son compost ou de prendre une carte à la ludothèque. Tout est simple à faire dans le zéro déchet en fait. Don camillo dirait "Ce ne sont que de petits gestes seigneur". A la limite trouver l'idée peut être compliqué, mais d'autres les ont eu dans des bouquins et autres blogs... On devrait plutôt entendre « c'est compliqué de changer mes habitudes parce que j'ai une flemme du domaine du boabab dans la main».

Enfin l'utimate argument : le temps. « J'ai pas le temps ». « Vous me faites marrer les écolos avec votre zéro déchet. Moi je fait partie de ceux qui bosse beaucoup et rentre tard le soir, j'ai pas le temps de cuisiner. » Effectivement et c'est vrai. Il bosse douze heure par jour pour gagner de l'argent, cet argent permet (entre autres) d'acheter des plats industriels qui lui font gagner du temps pour... bosser. D'un point de vue quantitatif il a raison. D'un point de vue qualitatif par contre on peut y voir d'autres enjeux : la santé, le stress, la famille, les produits chimiques, le goût, l'environnement, le système économique etc... Le temps c'est un choix. Un choix de vie. Ce qu'illustrent aussi très bien les temps moyens quotidiens français devant un écran : 3h47 de télé selon médiamétrie, 1h sur facebook, 1h 30 sur la PS, 3h sur le web. Tu vas bien trouver 15 minutes pour nous faire un gâteau !

Mais on les aime les zérosceptiques! Ben oui ce sont nos amis, nos familles, les gens de notre quotidien. Surtout ne les brusquez pas. Prenez votre temps, car ils sont sur leur chemin, mais pas au même niveau que vous. Comme le renard du Petit Prince, apprivoisez les. Appâtez les avec vos réussites et petites victoires. Offrez leur des joulis sacs à vrac. Pointez vous à l'apéro avec votre meilleure sauce au bleu ou votre cake aux olives de la mort qui tue. Indignez les sur facebook. Prétez leur un bouquin. Notre seul frein c'est notre impatience (et l'urgence écologique?), car chaque jour qui passe amène nos sociétés vers ces solutions. C'est un peu comme les cancers et les pesticides. Y'a quelques années tu te faisais tirer dessus par oncle Bob à noël. Et depuis il y a eu Elise Lucet sur France 2.

Textes : Jérémie PICHON - Illustrations : Bénédicte MORET

 

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26 mars 2016

On dit Pâques des conneries

Des abeilles, des coccinelles, des têtes de mort, des étoiles, superpatate et superlapin ... nos œufs de pâques à nous, ils sont un peu chelous...

Surtout ne pas essayer de les manger sinon c'est la dent qui tombe et un emprunt bancaire pour les implants résine. Ben voui ce sont des cailloux !! (Avec un x s'il vous plait genou hibou chou ok) . Oh nonnnn!! La famille zéro déchet, ils mangent des cailloux à Pâques ! Zéro déchet c'est vraiment la loose... Hé hooo on se détend, je m'explique. Oui, on n'a pas un budget de ouf en ce moment mais c'est pas la question. On a zappé les kinder déchets et autre ferrero rocher de l'ambassadeur du tri. Du coup, pour la chasse aux œufs de l'autre lapin poilu, on a opté pour la technique du cowboy : hop hop hop, ni vu ni connu je t'embrouille, je les remplace par des cailloux peints. Et ça marche grave ! Les nains ont galopé comme des lapins (décidément), rempli leur panier comme tous les enfants de France qui ont la chance d'avoir des parents qui s'occupent d'eux.

Et là vous me dites... il reste quand même un souci si on veut pas avoir une rébellion générale non ? Ben voui le chocolat... et c'est là où on dégaine le gun 12 mm Zéro Déchet, l'As dans la manche, le lapin dans le chapeau (encore!?). Chaque caillou est échangé contre un choucoulat du choucoulatier maison sans déchet, équitable, 72% de cacao, home made, local que t'as pas déforesté tout le Cameroun. Y'a rien là ? Et oui on a Pâques un physique ! Mais attention les kids, on n'est pas des tendres va falloir tous les trouver les cailloux. Comprendo amigo ? Alors gogogo la chasse et que le meilleur gagne ! 

En France on a pas de pétrole ni de choucoulat mais on a des idées ! Et des cailloux...

Paques 4

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